Guillaume Apollinaire, de son vrai nom Guillaume de Kostrowitzky, est déjà un poète connu lorsqu'il décide de s'engager, à l'automne 1914, dans l'armée française. Né à Rome, le 26 août 1880, abandonné par son père en 1885, il passe son enfance, en compagnie de sa mère et de son frère, à Monaco, Cannes et Nice. Il est considéré comme "sujet russe" car sa mère est née en Pologne sous domination russe. Sa demande de naturalisation pour devenir français est en cours.
Le 5 décembre 1914, il est affecté au 38ème régiment d'artillerie de campagne basé à Nîmes. Il part pour le front de Champagne le 4 avril 1915 où il est nommé brigadier quelques jours plus tard, puis maréchal des logis le 24 août suivant. A sa demande, il est muté dans l'infanterie le 18 novembre 1915. Il rejoint alors le 96ème R.I. avec le grade de sous-lieutenant, toujours en Champagne. Le 9 mars 1916, il obtient la nationalité française par décret mais il ne l'apprendra que le 14 mars alors qu'il vient d'arriver dans le secteur du "Bois des Buttes" près de La Ville-Aux-Bois, dans l'Aisne (à l'Est du Chemin des Dames, entre Craonne et Berry-au-Bac).

​En effet depuis le 11 mars, en pleine bataille de Verdun, les Allemands attaquent ce secteur et submergent le 276e R.I. Deux bataillons du 96ème R.I. sont envoyés pour constituer une réserve en arrière du bois.

A la date du 17 mars 1916, le soldat Apollinaire à noté dans son carnet : "Bombardement, je lisais à découvert au centre de ma section, je lisais "le Mercure de France", à 4 heures un 150 éclate à 20 mètres, un éclat perce le casque et troue le crâne." Néanmoins le casque lui sauve la vie. Evacué sur l'arrière, il sera finalement trépané le 9 mai. La guerre est finie pour lui. Le 11 mai, il est déclaré définitivement inapte au service armé, mais toujours soumis aux obligations militaires, il est affecté le 25 juin à la censure de presse de province.

Il se montrera désormais dans les lieux publics toujours revêtu de son uniforme bleu horizon, la tête protégée par un bandeau de cuir et arborant fièrement sa Croix de Guerre obtenue le 17 juin 1916 avec une citation à l'ordre du régiment.

Mais sa santé reste fragile et ses poumons ont été définitivement affectés par les gaz. Il meurt le 9 novembre 1918 de la grippe espagnole. Sa fiche indique qu'il est Mort pour la France de "blessures de guerre". (extrait de Guy Marival dans "La Lettre du Chemin des Dames").

La stèle de granit érigée en son hommage a été voulue par l'écrivain Yves Gibeau (voir sa biographie sur le site : Le Regain de Roucy). Elle est située à 200 mètres de la sortie de La Ville-aux-Bois-lès-Pontavert en direction de Pontavert, au bord de la route à une dizaine de mètres au sud de l'endroit où se trouvait la section de Guillaume Apollinaire.

Liens : Picardie 14-18.com

Les photos qui suivent ont été faites lors de la cérémonie du centenaire de sa blessure au Bois des Buttes, le 17 mars 2016 :

La stèle et le portrait du poète peint pour l'occasion. (Cliquez sur les photos).
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La stèle et le portrait du poète peint pour l'occasion. (Cliquez sur les photos).
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La stèle et le portrait du poète peint pour l'occasion. (Cliquez sur les photos).

Quelques photos de la cérémonie :

- les anciens combattants

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- Le discours du maire de La Ville-aux-Bois-Lès-Pontavert,

- Une violoniste de talent qui a interprété quelques morceaux de musique dont une jolie "Première Gymnopédie" d'Erik Satie,

- Les élèves qui ont récité des poèmes,

- La fin de la cérémonie avec un lâché de ballons sur lesquels étaient attachés des extraits des poèmes d'Apollinaire :

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Comme il a été dit plus haut, Guillaume Apollinaire est en Champagne avant de se retrouver au Bois des Buttes où il ne restera que 3 jours avant d'être blessé.

Alors faisons un petit retour à travers quelques extraits de ses poèmes qu'il écrit pour Lou, sa Muse de l'époque et avec des tentatives d'illustrations photographiques.

Alors il est au 38e RAC dans le secteur de Laval-sur-Tourbe, il écrit dans la nuit du 24 au 25 septembre 1915 (date de la grande offensive de Champagne) le poème "Désir" dont voici deux extraits :

"Mon désir c'est la Butte du Mesnil
Mon désir est là sur quoi je tire
De mon désir qui est au-delà de la zone des armées
Je n'en parle pas aujourd'hui mais j'y pense

Butte du Mesnil je t'imagine en vain
Des fils de fer des mitrailleuses des ennemis trop sûrs d'eux
Trop enfoncés sous terre déjà enterrés ...

...Je désire

Te serrer dans ma main Main de Massiges
Si décharnée sur la carte
Le boyau Gœthe où j'ai tiré
J'ai tiré même sur le boyau Nietzsche
Décidément je ne respecte aucune gloire
Nuit violente et violette et sombre et pleine d'or par moments
Nuits des hommes seulement"

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La première photo montre les tranchées entre Mesnil-lès-Hurlus et la route Perthes-lès-Hurlus à Tahure. La 11e D.I. du 20e Corps d'Armée du général Balfourier, subit un échec sanglant lors de l'assaut de la Butte du Mesnil, le 25 septembre 1915.

(Pour d'autres photos de la Main de Massiges, cliquez ICI)

En novembre-décembre 1915 il est muté à sa demande au 96e R.I. Voici un extrait du Poète :

..."Depuis dix jours au fond d'un couloir trop étroit

Dans les éboulements et la boue et le froid

Parmi la chair qui souffre et dans la pourriture

Anxieux nous gardons la route de Tahure"...

S'agit-il de la route de Perthes-lès-Hurlus à Tahure ? Nous ne savons pas, alors on peut se laisser aller à imaginer que le poète a vu cet endroit sur l'avant-après ci-dessous, qui a été réalisé lors d'une visite des villages disparus du Camp de Suippes (en 2010) avec une carte postale figurant sur un panneau descriptif :

Apollinaire : de Tahure aux Bois-des-Buttes, un Poète dans la Guerre

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Quelques photos de la Butte de Tahure prises lors des visites des villages disparus du Camp de Suippes (en 2010 et 2011) :

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Apollinaire : de Tahure aux Bois-des-Buttes, un Poète dans la Guerre

Sur la carte ci-dessus sont soulignés ou entourés les sites dont Guillaume Apollinaire parle dans ses vers.

A VOIR : Vidéo de France 3 Champagne-Ardenne tournée à la bibliothèque municipale Carnegie de Reims :

Guillaume Apollinaire : poète-soldat

Champagne 14-18

Sa tombe au cimetière du Père Lachaise à Paris :

Apollinaire : de Tahure aux Bois-des-Buttes, un Poète dans la Guerre

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