Depuis septembre 1914, les réservistes du 336e R.I. sont en position au nord de Souain, épuisés par les attaques menées sur un terrain n'offrant aucune protection face à un adversaire retranché.

Le 10 mars 1915 au matin, les hommes de la 21e compagnie décident de ne pas sortir des tranchées au coup de sifflet du capitaine, refusant de se faire tuer inutilement. Le Général Réveilhac est furieux. Pour lui, cette défection est un "refus d'obéissance en présence de l'ennemi" et il exige des sanctions.

Les six plus jeunes caporaux de la compagnie ainsi que 18 soldats sont déférés devant un conseil de guerre. Le 16 mars 1915, celui-ci acquitte deux caporaux et les soldats, mais condamne à mort les caporaux Louis Girard, Lucien Lechat, Louis Lefoulon et Théophile Maupas, originaires du département de la Manche. Pourtant ce dernier avait fait remarquer que les artilleurs français tiraient trop court et avait déclaré :"Quiconque montait devait être fauché littéralement soit par les nôtres soit par le feu des mitrailleurs allemands. Les hommes avaient en eux-mêmes la vue des cadavres devant eux."

L'exécution à lieu le lendemain, 17 mars à la butte de tir de la Ferme de Suippes devant le régiment au complet et en pleurs. La veuve de Théophile, Blanche Maupas, luttera ensuite pour dénoncer cette injustice, obtenant le 13 mars 1934 que les hommes soient enfin réhabilités. Dix neuf ans après les faits les quatre caporaux auront droit à l'épitaphe "Morts pour la France".

Le Monument à la mémoire des caporaux de Souain a été inauguré en 2007. Constitué de pierre blanche, il représente les quatre soldats sans vie, attachés à leur poteau d’exécution. Trois d’entre eux ont les yeux bandés.
La réalisation de l’œuvre a été confiée au sculpteur Denis Mellinger dit Melden. Il s'est inspiré d'un dessin de Jacqueline Laisné, institutrice à Sartilly, commune de la Manche où la veuve du caporal MAUPAS, avait elle-même enseigné. Il fait face à l'Hôtel de Ville de Suippes où a siégé le 16 mars 1915 le conseil de guerre qui a condamné à mort les quatre caporaux. Il se trouve à l'emplacement d'un ancien appentis détruit en 1992, dans lequel les soldats ont été incarcérés avant d'être condamnés à mort puis fusillés. Il est également situé sur le chemin qui mène au Centre d'Interprétation de la Marne.

Ce monument témoigne de la rigueur d'une justice militaire encore dominée par l'arbitraire du début du conflit. Aujourd'hui, seulement une quarantaine de fusillés pour l'exemple, sur 600, ont été réhabilités !

Sources : Marne 14-18.fr - Agenda du Centenaire - Guide Illustré Michelin des champs de bataille 14-18 : La Marne et la Champagne.

Liens : - Les Monuments aux Morts Pacifistes

- cndp.fr/crdp-reims

- Champagne 14-18

Cliquez sur les photos.
Cliquez sur les photos.
Cliquez sur les photos.
Cliquez sur les photos.
Cliquez sur les photos.

Cliquez sur les photos.

Suippes : Aux Caporaux de Souain, fusillés pour l'exemple

.

Cliquez sur les photos.
Cliquez sur les photos.

Cliquez sur les photos.

Cliquez sur les photos
Cliquez sur les photos
Cliquez sur les photos
Cliquez sur les photos
Cliquez sur les photos

Cliquez sur les photos

Cliquez sur les photos.
Cliquez sur les photos.
Cliquez sur les photos.
Cliquez sur les photos.

Cliquez sur les photos.

Suippes : Aux Caporaux de Souain, fusillés pour l'exemple
Photo de 2011

Photo de 2011

Retour à l'accueil